Rédaction et édition du «Tages-Anzeiger» et son bâtiment principal - qui venait d'être construit - dans les années 1960 (en haut); imprimerie de la Gartenhofstrasse et son personnel, 1902.

Le 1er janvier 1893, Zurich devient la plus grande ville de Suisse. Elle ne comptait jusqu'alors que 28'000 habitants; certaines des communes limitrophes étaient même plus importantes. Au XIXe siècle, des centaines d'immeubles avaient été cons­truits à Aussersihl pour héberger des familles d'ouvriers. En moins d'un siècle, ce village de quelques centaines d'âmes était devenu une ville de 30'000 habitants. Avec le rattachement de onze communes, la population de Zurich monte subitement à 128'000 personnes. Deux mois plus tard, l'éditeur allemand Wilhelm Girardet et l'ancien journaliste du NZZ Fritz Walz tirent profit de cette dynamique pour imprimer, dans le quartier Werd, le premier «Tages-Anzeiger» (TA). Le TA était un journal moderne et se considérait comme un outil d'information impar­tial accessible à tous. Moins de trois ans après sa création, le TA était déjà le plus grand quotidien suisse vendu par abonnement. En 1913, il était tiré à 72'500 exemplaires, en 1917 à 84'000, en 1942 il dépassait la barre des 100'000 exemplaires et en 1992 il atteignait 273'000 copies. En 2017, il était vendu à 140'823 exemplaires et lu par environ 461'000 personnes (REMP 2017-1).

C'est pendant une ère de bouleversement et d'industrialisation fulgurante que paraît le premier numéro du «Tages-Anzeiger», le 2 mars 1893.

Texte: Artur K. Vogel

Un bouleversement profond

Le gendre de Wilhelm Girardet et son petit-fils, tous deux nommés Otto Coninx, dirigent l'entreprise de 1906 à 1956 et de 1956 à 1978. Ils sont suivis par Hans Heinrich Coninx et, depuis 2007, par son neveu Pietro Supino. Après un développement rapide au cours de ses premières décennies, le TA amorce une réorientation globale dans les années 1960. Sous la direction de Walter Stutzer, rédacteur en chef, le journal est restructuré sur le modèle des journaux anglais: une première page servant à présenter le contenu du journal et une division en rubriques (étranger, Suisse, économie, culture, sport, ville, région et canton de Zurich, etc.) facilitent la tâche du lecteur. Plutôt neutre, le journal affiche alors davantage ses orienta­tions politiques. En 1964, l'impression est repoussée du matin à la fin de soirée afin de fournir des nouvelles fraîches aux lecteurs dès le petit déjeuner.

En 1966, le TA lance un cahier d'offres d'emploi séparé, puis, en 1970, le «Magazin», un supplément aux exigences journalistiques élevées livré avec le journal du samedi, et en 1982, le magazine des sorties «züritipp». Un supplément offres d'emploi destiné aux cadres paraît également depuis 1997 sous le nom «Alpha - Der Kadermarkt». Depuis 2008, le TA est rattaché, avec d'autres journaux, à la plateforme en ligne Newsnet. En août 2013, les rédactions des éditions imprimée et en ligne fusionnent. Depuis lors, les contenus de tous les canaux sont planifiés et créés en commun.

Depuis début 2018, une rédaction germanophone et une autre francophone produisent les pages internationales, nationales, économiques et sportives pour les douze quotidiens et les deux journaux du dimanche payants. Arthur Rutishauser, ancien rédacteur en chef du «Tages-Anzeiger» et de la «SonntagsZeitung», dirige la rédaction germanophone. Il reste responsable de la «SonntagsZeitung». Judith Wittwer est la nouvelle rédactrice en chef du «Tages-Anzeiger». Quant à Ariane Dayer, rédactrice en chef du Matin Dimanche, elle est aux commandes de la rédaction francophone de Tamedia.

Les 80 printemps d'«annabelle»

Cinq ans auparavant, ils avaient fondé l'hebdomadaire «Weltwoche». En 1938, Karl von Schumacher et Manuel Gasser souhaitent élargir leur base éditoriale et créent «annabelle». L'Autrichienne Mabel Zuppinger, à l'origine secrétaire de rédaction du «Weltwoche», en est la rédactrice en chef pendant plus de 20 ans.

Au départ, «annabelle» paraît une fois par mois. À la fin des années 1950, il devient bimensuel en raison d'un nombre toujours croissant de petites annonces. Depuis 2016, le magazine est édité 18 fois par an. Avec un tirage de 42'526 exemplaires (REMP 2017), «annabelle» touche en moyenne 252'000 lectrices et lecteurs (MACH Basic 2017-I). Les hommes constituent 18% de son lectorat, comme le signale Silvia Binggeli, rédactrice en chef depuis 2013.

Premier magazine féminin en Suisse, «annabelle» a été fondé en 1938 par deux hommes.

Texte: AKV

Lifestyle - et politique

Outre les thématiques lifestyle, «annabelle» aborde également des questions de société et relatives aux droits des femmes. En 2006, le magazine a par exemple lancé une pétition contre la détention d'armes à feu au domicile. En 2012, il demande que la direction des entreprises d'au moins 200 salarié(e)s respecte un quota de 30 % de femmes.

En 1978, l'édition germanophone d' «Elle» fusionne avec celle d'«annabelle» pour devenir «annabelle/Elle». La rédactrice en chef d' "Elle", Charlotte Peter, en reprend les rênes. En 1979, «annabelle/Elle» et le magazine de Conzett & Huber «femina» achètent chacun la moitié du magazine «Frau», fondé en 1947. En 1981, «femina», puis «annabelle», sont repris par Tamedia, qui les regroupera pour donner naissance à «annabelle-femina». Par la suite, le magazine connaît de nombreux changements de direction, à intervalles plus ou moins longs, jusqu'à ce que Gina Gysin en dirige la rédaction pendant dix ans, à partir de 1988. Après d'autres changements, Lisa Feldmann devient directrice de la rédaction en 2004, poste qu'elle occupera pendant neuf ans.

«Je ne peux pas parler avec les hommes âgés, car ils me prennent pour une folle.»
Juliette Gréco, 1983

Camionnettes de la «Tribune» (qui s'appellera plus tard «Le Matin») et de la «Feuille dʼAvis» (rebaptisée plus tard «24 heures») devant l'imprimerie de Lausanne, décembre 1966.

Numéro de la «Tribune de Lausanne» pendant la Première Guerre mondiale

«Le Matin» a 125 ans

Depuis sa création le 2 mars 1893, le «Tages-Anzeiger» se veut un organe d'information impartial accessible à tous. Il se distingue ainsi des journaux d'opinion, monnaie courante à l'époque. La nouvelle «Tribune de Lausanne» adopte un positionnement semblable le 2 octobre de la même année. Le premier numéro l'affirme: «Elle ne sera pas l'organe d'un parti politique. Elle évitera soigneusement les polémiques inutiles qui se nourrissent d'ambitions déçues et de ressentiment personnel et finissent par lasser tout le monde. Son objectif consiste à informer et non à convertir; elle accueillera toute opinion sérieuse et modérée.»

En 1912, les fondateurs des imprimeries réunies reprennent la «Tribune» et lancent également une édition dominicale. Déjà propriétaire de la «Feuille d'Avis de Lausanne» (beaucoup plus ancienne, elle deviendra plus tard «24 heures»), le groupe contrôle désormais deux titres vaudois importants. En 1925, l'entreprise passe aux mains de Lousonna SA, à laquelle Jacques Lamunière était associé. En 1982, la famille Lamunière fait passer une partie des activités médiatiques de Lousonna dans le giron d'Edipresse SA. En 2010/2011, elle se sépare de ses opérations suisses, reprises progressivement par Tamedia.

En 1972, l'édition dominicale de la «Tribune» est rebaptisée «Le Matin Dimanche». Depuis 1984, le quotidien s'appelle lui aussi «Le Matin», mais les anciens Lausannois parlent toujours de la «Tribune». Depuis 2001, «Le Matin» est édité en format tabloïd. «Le Matin» est diffusé à 37'634 exemplaires et lu par 235'000 lectrices et lecteurs. «Le Matin Dimanche» est vendu à plus de 100'000 exemplaires, pour un lectorat de 405'000 personnes (données REMP MACH Basic 2017-I). Les rédactions du «Matin» et de «20 Minutes», le quotidien gratuit de Tamedia, ont été regroupées.

De plus, depuis janvier 2018, une rédaction unique sous la direction d' Ariane Dayer, rédactrice en chef du «Matin Dimanche», fournit les pages internationales, nationales, économiques et sportives pour «Le Matin Dimanche», «24 heures» et la «Tribune de Genève», qui fait également partie du groupe Tamedia.

Sept mois après le lancement du «Tages-Anzeiger» à Zurich, la «Tribune de Lausanne» voit le jour en 1893. Elle est renommée «Le Matin» en 1984.

Texte: AKV

Les 10 ans de Newsnet

Newsnetz connaît des débuts sportifs. Le portail d'information, créé en 2008 par tagesanzeiger.ch, bernerzeitung.ch et baz online, est lancé le 8 août, le 1er jour des 24es Jeux olympiques d'été de Pékin. Peter Achten, spécialiste de la Chine, était alors le correspondant exclusif du portail Internet.

La campagne de publicité qui accompagnait le lancement avait pour slogan «Nichts verpassen» («Ne rien manquer»). Le nouveau portail n'a en effet pas manqué d'impressionner, dès ses débuts, la concurrence et la presse spécialisée - mais aussi les collaborateurs de sa propre maison - grâce au rythme auquel les actualités se succédaient sur le site Internet. La rapidité avec laquelle la rédaction a franchi les premières étapes n'y est pas non plus étrangère. Après seulement trois mois, Newsnetz pouvait déjà se vanter d'être le premier site média suisse. Le portail touchait alors 1,6 million de clients par mois: à l'époque, c'était plus que Blick Online, nzz.ch ou 20 Minuten Online.

Bien que la rédaction, composée d'environ 35 personnes, ait rencontré des difficultés techniques lors du démarrage et que la plupart des journalistes travaillaient pour la première fois pour un média numérique, ce fut le début d'une véritable success-story: fin 2009, le rédacteur en chef de l'époque, Peter Wälty, annonçait déjà le recrutement d'environ dix personnes supplémentaires. L'objectif était d'accélérer la croissance en proposant davantage de contenus. En 2011, les deux journalistes de Newsnet Michèle Binswanger et Nicole Althaus ont été élues «journalistes de l'année» pour leur «Mamablog»: c'était la première fois que des journalistes en ligne recevaient ce titre en Suisse.

En octobre 2011, Newsnetz prend le nom de Newsnet. La raison: le portail venait d'accueillir les plateformes de Suisse romande 24heures.ch, lematin.ch et tdg.ch, dotées de leur propre rédaction.

2013 marque un tournant important dans l'histoire encore récente de Newsnet: l'équipe Newsnet fusionne en une seule rédaction et les abonnements numériques sont lancés cette même année.

Une rédaction commune au lieu d'une équipe «papier» et d'une autre «en ligne», des contenus payants au lieu d'une offre gratuite: en 2018, ce sont toujours les piliers de la stratégie de Newsnet.

MartiDepuis 2008, Newsnet est synonyme de journalisme de qualité sur Internet.

Texte: Michael Marti

Lindsay Lohan sur la couverture de la première édition de «Friday».

Les 10 ans de «Friday»

«Nous voulons être proches de nos lecteurs, nous ne voulons être ni arrogants ni complaisants, mais susciter un sentiment de cohésion»: telle était la vision de la rédaction lorsque nous avons lancé «20-­Minuten-Friday». La Suisse n'avait encore jamais connu de magazine lifestyle destiné spécifiquement à la jeune génération. Les magazines existants s'adressaient à des femmes plus aisées et parvenues à une autre étape de leur vie.

Je me souviens avec plaisir de la manière dont une équipe d'une vingtaine de personnes a dû, du jour au lendemain, se rencontrer, s'organiser, trouver des sujets. «20 Minuten Friday» a été lancé sur le marché en octobre 2008 sous la direction de Marco Boselli, rédacteur en chef de «20 Minuten», et de Lisa Feldmann, rédactrice en chef d'«annabelle» à l'époque. En tant que journaliste de 33 ans, c'était pour moi une chance formidable de participer au développement d'un magazine. Nous avons conçu des rubriques et des formats innovants, en avons chamboulé quelques autres, nous avons cogité jusqu'à minuit tout en mangeant des pizzas, avant d'aller faire la fête ensemble.

Kerstin Netsch, rédactrice en chef de «20-Minuten-Friday», se remémore la création et l'évolution du magazine.

Texte: Kerstin Netsch (Directrice de la rédaction 20 Minutes Friday)

Décalé et imagé

Nous nous définissions comme le radar conçu pour détecter tout ce qui se passait à l'extérieur - en partant de l'intuition qu'un groupe cible jeune était plus intéressé par ce qui se passait à l'extérieur qu'à l'intérieur. Nous voulions découvrir les tendances qui se dessinaient, celles dont on parlait à ce moment-là. Nous avons conçu la maquette avec comme mots d'ordre «décalé et imagé». Les lecteurs âgés de 16 à 34 ans devaient sentir la vitesse de la rédaction, se sentir informés rapidement sur la mode, la beauté et les personnalités.

Nous tenions aussi à raconter des histoires du monde réel, par exemple sur le chômage des jeunes ou sur une jeune fille de 17 ans mise à la porte de chez elle parce qu'elle était enceinte.

Grâce à cette base de travail, Friday a vite trouvé son public. Au cours des premières années, les lecteurs nous ont régulièrement envoyé des photos de leur collection de Friday ou des collages qu'ils composaient à l'aide de nos articles. Certains utilisaient nos unes pour recouvrir les murs de leurs chambres. C'est ce qui a donné naissance à la rubrique «Das bin ich», en dernière page, où nous photographiions nos lectrices et nos lecteurs chez eux et leur donnions ainsi la possibilité de se mettre en scène eux-mêmes. C'était le tout début des réseaux sociaux et nos lecteurs cherchaient une plateforme.

En plein dans le mille

Entre-temps, la consommation de médias a changé. Nous scrutons sans cesse nos flux RSS, nous nous exposons sur Instagram, nous chattons sur WhatsApp, discutons sur Twitter et lisons des articles en ligne. C'est la raison pour laquelle l'univers «Friday» va connaître de nombreux changements cette année: le magazine paraît désormais également en version papier en Suisse romande à raison de 10 numéros cette année.

Notre blog, lancé aussi en Suisse romande en 2015, devient un portail lifestyle en Suisse alémanique et en Suisse romande. Nos lectrices seront encore plus visibles sur friday-magazine.ch, car elles souhaitent jouer un rôle actif au sein d'une marque. Elles sont habituées à utiliser des moyens de communication éphémères, mais elles sont tout à fait disposées à aller au fond des choses. Si elles nous regardaient en tant que fans aux débuts de «Friday», elles souhaitent aujourd'hui choisir leurs propres thèmes ou discuter avec nous.

La «Friday Family», qui regroupe nos lecteurs ainsi que la rédaction, s'est toujours passionnément intéressée à la mode, à la beauté et au lifestyle. Nous parlons également de politique, de société, de santé et de notre vie de tous les jours. Les médias connaissent un profond bouleversement, mais notre vision est toujours valable: tous nos articles doivent être conçus en pensant aux lecteurs. Dans le meilleur des cas, on touche en plein dans le mille et notre article leur rappelle leurs propres expériences, ce qui crée un lien avec notre lectorat.

Aujourd'hui, la version papier de «Friday» est lue par 428'000 lectrices et lecteurs et en ligne par 1'067'000 visiteurs uniques. Nous avons hâte d'entamer avec vous le passionnant voyage qui nous attend en cette nouvelle année.

© Tamedia